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Grèce : l’expérience autogestionnaire des Viome menacée



Viome

Grèce : l’expérience autogestionnaire des Viome menacée


Les 19 septembre et 24 octobre, les travailleurs de Viome à Thessalonique tenteront une nouvelle fois d’empêcher la vente aux enchères de leur usine. Cet été, Makis et Vasilis, l’un ouvrier, l’autre membre du collectif de soutien d’Athènes à l’usine autogérée, ont répondu à nos questions.

Déclarée en faillite en 2011, l’usine Viome est d’abord occupée pendant un an par ses travailleurs qui réclament le paiement de leurs salaires. En 2012, les salariés redémarrent l’activité à leur compte et remplacent la production de colles pour carrelage par la fabrication de savons et lessives écologiques. Depuis plus de six ans, une vingtaine de travailleurs gèrent collectivement l’entreprise et se battent contre la vente aux enchères du site.

Pouvez-vous nous expliquer pourquoi votre usine est régulièrement mise aux enchères ?
Makis : Le terrain où se trouve l’usine appartenait à l’entreprise Filkeram & Johnson, la maison mère de Viome. Du fait de la faillite de l’entreprise, il sera vendu aux enchères afin de régler les dettes envers les fournisseurs. Mais nous ne toucherons rien alors que l’entreprise a aussi énormément de dettes envers nous. Nous occupons 1/5 du terrain correspondant à l’espace qu’occupait l’ancienne filiale. Nous produisons les produits que vous connaissez et résistons en même temps à la vente aux enchères de ce 1/5 de terrain où nous nous trouvons.
Vasilis : Les enchères consistent en une tentative de cession/vente des biens immobiliers de la société mère – Filkeram & Johnson – ainsi que de l’immobilier de la coopérative. Cela risque ainsi d’entraver le fonctionnement et l’expérimentation de l’autogestion à l’usine Viome. Il s’agit d’une procédure légale qui permet aux créanciers/débiteurs de l’entreprise en faillite de réclamer leurs prêts par la vente de biens mobiliers et immobiliers.

Comment êtes-vous parvenus à les empêcher jusqu’à présent ?
Makis : En assurant une forte présence dans les tribunaux afin d’empêcher la venue d’acheteurs potentiels. Parallèlement, nous avançons notre proposition auprès des ministères concernés : nous demandons la légalisation du fonctionnement de l’usine en nous rendant le terrain, qui est de toute façon retenu par l’État à cause des impayés de Filkeram & Johnson sur la TVA.
Vasilis : Ayant comme objectif stratégique de continuer la production de cette usine occupée, l’assemblée des travailleurs et le mouvement de solidarité qui la soutient sont constamment en alerte et en lutte. Nous avons réussi jusqu’à présent à rendre les enchères infructueuses. Nos principaux moyens pour empêcher la vente sont les appels à des résolutions solidaires de la part des syndicats et des collectifs, des campagnes d’information sur internet et dans des espaces sociaux très fréquentés, des piquets dans des ministères ou d’autres institutions concernées. À cela s’ajoute notre présence massive lors des ventes aux enchères aux tribunaux de Thessalonique et au ministère du Travail à Athènes.

Viome

Quand est-ce que sont les prochaines enchères, et quels en sont les enjeux ?
Makis : Prochainement, il y a deux séances de vente aux enchères en septembre et en octobre. Vu que le prix du terrain a beaucoup baissé, il y a un risque qu’un acheteur potentiel tente de nous expulser. Plus le prix de vente baisse plus les investisseurs capitalistes s’y intéressent.
Vasilis : La chute des prix de l’immobilier – 30 millions d’euros lors de la première vente aux enchères contre 10 millions aujourd’hui – finit par inciter de façon importante les acheteurs potentiels. Compte tenu du soutien de l’État et des gouvernements aux investisseurs privés, de leur hostilité à l’égard du caractère social et ouvrier de l’autogestion, mais aussi du message émancipateur de la reprise d’unités de production en faillite par les travailleurs, le danger est de plus en plus grand. Les 19 septembre et 24 octobre 2019 se dérouleront la suite des trois enchères stériles du 4e tour/cycle qui ont eu lieu les 13, 20 et 27 juin 2019.

Comment s’organise la solidarité ?
Vasilis : L’Assemblée des travailleurs de Viome participera avec les syndicats de classe (syndicats de base) à la grande manifestation au moment de la 84e Foire internationale de Thessalonique. Chaque année, le Premier ministre y annonce de nouvelles mesures, généralement anti-ouvrières et antisociales, en vue de la présentation du prochain budget. Viome y lancera un nouvel appel au soutien. Également, le deuxième festival Coopenair a lieu à l’usine Viome les 11, 12 et 13 octobre. Il est coorganisé par des coopératives de travail radicales venant des différentes régions de la Grèce. Discuter de la diffusion et de l’extension du travail en coopérative avec nos compagnons permettra de revoir notre stratégie et de décider de nos actions en cours pour que l’usine reste aux mains des employés.

L’activité a été relancée il y a six ans avec une nouvelle production sous le contrôle des ouvriers. Ne pouvez-vous pas reprendre la propriété de l’usine ?
Makis : Non. À la suite d’une décision de justice, le terrain est considéré comme une seule unité. Il est interdit d’en vendre une seule partie, donc le 1/5 où nous nous trouvons. Seul l’ensemble des 150 000 m2 peuvent être vendus, mais le prix reste trop élevé pour nous.

Viome

Vasilis : Les travailleurs de la coopérative Viome restent au sein de l’usine avec une demande politique principale : « les usines et la gestion de la richesse aux mains de ceux qui produisent ». Nos positions sont connues et nous codécidons avec la société en lutte et le mouvement de solidarité qui nous entoure. Dans ce contexte, nous avons déposé une proposition visant à réclamer les parcelles appartenant à Viome et leur concession pour un loyer symbolique, en contrepartie des dettes contractées par la sécurité sociale et les impôts de la sécurité sociale. Sachant que le pouvoir et ses agents sont hostiles à l’expérience Viome et que tout est une question de rapport de force, nous ne réussirons que dans la mesure où le mouvement antagoniste large et la solidarité de classe se renforceront.

Est-ce que le retour de la droite au pouvoir change quelque chose pour Viome ?
Makis : Oui, le risque de répression est plus élevé à cause de la connivence qui existe entre le nouveau gouvernement et une partie de l’extrême droite.
Vasilis : Syriza en tant qu’opposition avait utilisé et manipulé les luttes des mouvements sociaux pour accéder au pouvoir et gouverner le pays pendant cinq ans. Viome incluse. Alexis Tsipras était venu à l’usine annoncer une solution pour les unités de production en faillite, abandonnées par les patrons pendant la crise. Son choix de gérer la crise systémique dans le cadre des politiques néolibérales a fait de lui, non seulement un gestionnaire de la situation antérieure, mais également un homme lâche qui n’a pas osé geler les parcelles de Viome contre ses anciens propriétaires qui doivent de l’argent à l’État. Ce choix a également eu pour effet d’éloigner les soutiens de Syriza de la réelle solidarité avec la lutte des travailleurs.

Viome

La politique du nouveau gouvernement, telle qu’elle est formulée dans son programme, sera un mélange de néolibéralisme extrême, de privatisations pour le grand capital et les élites, avec en parallèle des attaques contre les droits sociaux et les conquêtes restantes du mouvement ouvrier. En ce sens, la question de Viome rentre dans le cadre de ces choix. C’est pourquoi, comme nous l’avons toujours souligné, le problème de Viome est relatif à la question sociale dans son ensemble. Et sa solution contribue aux luttes sociales.

Comment est-il possible d’aider Viome en dehors de la Grèce ?
Makis : Une des possibilités serait de mettre la pression au gouvernement grec pour trouver une solution rapide aux problèmes de Viome. Par exemple, bombarder de courriers les ambassades grecques ou les ministères concernés, celui du Travail, de l’Économie et du Développement. Il est aussi aidant d’avoir l’appui de quelques parlementaires. Enfin en soutenant Viome par l’achat de ses produits dans votre ville.
Vasilis : Au-delà de la promotion de la solidarité politique et de la sensibilisation du public européen au sujet de Viome, notre réelle force réside dans nos propres produits. Il s’agit de nettoyants naturels et écologiques de haute qualité, distribués aujourd’hui dans plusieurs villes européennes par le biais de réseaux de solidarité et d’espaces de coopération. L’aide des médias alternatifs à cet égard est pour nous bienvenue et plus que jamais nécessaire.

Interview et traduction réalisées par Kostas, un militant libertaire grec vivant en France.

La production qui nous maintient en vie ne doit pas s’arrêter pour une seule minute !!!

Nous, les travailleurs de VIO.ME en lutte pour faire fonctionner à nouveau l'usine, avons entendu beaucoup de promesses,  beaucoup de bonnes paroles sur la pureté de notre lutte ainsi que de nombreuses dénonciations et menaces. De temps à autre, on a essayé de nous assimiler à un système qui n'a pas suffisamment de place pour nous, de nous mettre dans les rouages de la bureaucratie à laquelle nous nous opposons quand il s'agit de financements et de subventions. Puis, nous avons rencontré l'impuissance et le manque de volonté de faire ce qui était évident, c'est-à-dire de légaliser le fonctionnement de l'usine. On a également essayé de nous présenter comme coupables, car nous revendiquons notre droit au travail et à la vie (en assumant bien sûr tout le fardeau de la gestion de l'usine), par opposition aux entrepreneurs de bonne réputation qui saisissent les profits mais laissent les dettes aux travailleurs.
 
Bien sûr, le nouvel état de choses nuit à ceux qui perdent le pouvoir, mais il nous nuit encore plus qui sommes exposés, sans beaucoup d'armes, à un pouvoir agressif et résolu.
 
Nous savons tous parfaitement que le nouveau gouvernement n’est pas simplement défavorable à VIO.ME mais s'y oppose ferment, à nous comme à tous ceux qui peuvent défier le capital. Nous pensons que son premier angle d'attaque sera de nous couper l’électricité. C’est la raison pour laquelle nous demandons de l’aide aux mouvements de solidarité pour acquérir un groupe électrogène qui évitera les ruptures de production et nous aidera à devenir indépendants. La production qui nous maintient en vie ne doit pas s’arrêter pour une seule minute !!!
 
Nous appelons donc les syndicats, les collectifs, nos compagnons de lutte grecs, européenns et partout dans le monde à participer à l’acquisition d’un générateur de 200 KVA pouvant fonctionner au biodiesel.
 
Solidairement
Les travailleurs de VIO.ME en lutte

VIOME N’EST PAS A VENDRE


VIOME N’EST PAS A VENDRE

Le 13 juin 2019 les terrains appartenant à VIOME seront mis aux enchères. Un prix de départ très bas augmente le risque que l’usine soit tourné en un tas de ferraille.

Nous, les employés de la coopérative VIO.ME et les solidaires qui soutiennent cette lutte depuis huit ans, nous trouvons une fois de plus dans une situation difficile. Une série de mises aux enchères débute le 13 juin.

En luttant pour maintenir les emplois et faire vivre nos familles, nous avons réussi à faire fonctionner l’usine en autogestion, sous contrôle ouvrier de la  production, avec comme organe décisif l’assemblée. 

Nous avons réussi de gagner un salaire modeste et évité de quémander les miettes que le pouvoir offre en échange de la dignité et la parole.

Nous avons réussi de faire connaître l’usine en Europe et dans le monde: 55% de notre production est vendue à l’étranger.

Nous avons réussi de maintenir le fonctionnement de l’usine depuis plus de six ans et de ne pas la laisser tomber en ruine comme tant d’autres usines. Surtout, nous produisons des produits utiles pour la société et respectueux de l’environnement, de haute qualité et, en même temps, accessibles aux familles les plus modestes.

Nous avons réussi d'empêcher 15 fois la vente aux enchères (et notre expulsion) de l’usine, en interposant, nous et vous, nos corps pour montrer qu’il n’est pas question de mourir sans livrer bataille face à l'éventuelle liquidation.

Ce qu’on a réussi le mieux, c’est de nous trouver dans la rue aux côtés de ceux qui subissent des injustices. De montrer que certains ne baissent pas la tête et ne reculent pas devant un quelconque pouvoir.

Nous avons réussi d’unir corps et âmes, d'être des camarades dans nos luttes communes pour que nos besoins deviennent des droits.

Comme nous avons réussi à garder l’usine constamment  ouverte à la société en organisant des événements que beaucoup de gens ont soutenu avec enthousiasme.

Nous nous adressons à toi, collègue, camarade de lutte, à toi qui étais avec nous pendant les actions par lesquelles nous avons prouvé qu’on peut rendre possible l’impossible.

A toi, qui étais à nos côtés dans les tribunaux et as ressenti la tension quand le temps passait et personne ne se manifestait en tant qu’acheteur, avant que nous quittions les lieux, à la fin de la procédure, criant haut et fort « Flics et juges entendez-le bien, Viome restera aux mains des ouvriers! »

Nous sollicitons ton soutien une fois de plus afin de mettre en échec la nouvelle mise aux enchères, les 13, 20, 27 juin, le 19 septembre et le 24 octobre 2019.

Nous t’appelons à nos côtés pour garder vivant le seul exemple qui nous donne le droit de dire « s’ils ne peuvent pas, nous pouvons », et pour que d’autres usines puissent suivre notre exemple.

Car nous n’avons pas besoin d’eux pour être sauvés, ils n’ont pas besoin de nous pour se détruire.


Les Travailleurs en lutte et
les solidaires de la Coopérative des Travailleurs de VIO.ME.


VIOME n’est pas à vendre !

VIOME n’est pas à vendre !
Le 13 juin 2019, les enchères des terrains appartenant à BIOME sont relancées. Un prix de départ réduit augmente le risque que l’usine devienne des débris et de la ferraille. Nous, les employés de la coopérative BIO.ME, cela fait maintenant 8 ans que nous luttons pour maintenir les emplois dans l’usine que le propriétaire a laissé à son propre destin.
La famille Philippo et les actionnaires du groupe ont abandonné leurs installations de production et leurs employés non rémunérés, ne manifestant aucun intérêt pour ces activités.
Nous avons présenté une proposition détaillée en collaboration avec des avocats et des professeurs de droit qui soutiennent notre lutte pour faire fonctionner l’usine de manière légale et efficace, à la fois économiquement et de manière productive, et pour le transport des produits.
Nous avons besoin de :
Contrer la dispersion des deniers publics (impôts et cotisations de sécurité sociale) et pour protéger l’intérêt public contre les sommes énormes dues par Filercaram SA et VIOME SA, les immeubles et les biens des propriétaires sont confisqués. Il y a des condamnations irrévocables contre les employeurs. Les agences gouvernementales et les organismes publics devraient déjà être intervenus.
Ensuite, que soient accordés ou loués les propriétés à la Coopérative des Travailleurs de BIO.ME afin de garantir les emplois (la coopérative montre en outre une tendance à la hausse de l’emploi).
De plus, que la propriété qui a déjà été engagée (et exclue de la vente aux enchères) par un gouvernement précédent en 2012, soit confisquée et donnée à la coopérative de travail pour qu’elle passe directement au fonctionnement normal avec les conditions requises pour une légalisation complète.
Et bien sûr, dans un environnement de travail très différent de celui de ces dernières années dans notre pays:
– En impliquant à la fois les travailleurs et la société dans le contrôle de la production et de la distribution.
– En contrôlant via les assemblées toutes les fonctions économiques.
– Avec une égalité absolue dans les décisions après que nous ayons tous une voix.
– Avec un salaire égal pour un temps de travail égal.
– Une orientation de la production vers les besoins sociaux et environnementaux plutôt que vers l’accumulation de profits.
Nous nous battons depuis tant d’années maintenant. Les gouvernements qui ont passé tout ce temps n’ont pas fait ce qu’ils avaient promis. Ils n’ont soumis aucune proposition légalement constituée, quelles que soient les allégations des membres des factions politiques qui les soutiennent. Ce qu’ils prétendent, c’est simplement une désorientation et un chaos politique qui ne s’appliquent tout simplement pas.
D’autre part, le risque de vendre l’usine en tant que parcelle « pour un morceau de pain » devient plus probable, car une nouvelle enchère avec un prix initial réduit (1/3 du prix initial) va bientôt commencer.
Nous appelons à des manifestations de masse devant les tribunaux de Thessalonique les 13, 20 et 27 juin et immédiatement après l’été pour :
BLOQUER LES ENCHÈRES, LES PLANS DE L’ÉTAT ET DU PATRONAT POUR LA DISSOLUTION DE L’USINE
Nous appelons l’appui de la société à notre lutte, car elle concerne la capacité de tous les travailleurs à prendre en main l’économie et toute leur vie. Nous répondons: « Puisque vous, vous ne pouvez pas, nous, nous pouvons ». Avec la solidarité de toute la classe ouvrière et de la société, nous imposerons notre droit même avec leur propre droit civil!
Les Travailleurs en lutte et solidaires de la Coopérative des Travailleurs de VIO.ME.

Rappel soirée SCOP le 7 nov et commande groupée en soutien aux VioMe

Rappel soirée SCOP le 7 nov et commande groupée en soutien aux VioMe de Thessalonique


Le collectif Grèce-austérité vous invite pour une soirée 
La scop : De Thessalonique à Grenoble, une autre manière de gérer une  entreprise
Mercredi 7 novembre à 20h Maison des associations
6 rue Berthe de Boissieux à Grenoble
De plus en plus de salariés s’organisent en SCOP (Sociétés Coopératives de Production) une forme d’entreprise où les travailleurs ont la maitrise de leur outil de travail et de leur production.
C’est ce qu’ont fait les travailleurs de l’entreprise VIOME de Thessalonique en Grèce. Ils ont repris leur entreprise en coopérative ouvrière. Une vidéo expliquera leur combat et un point d’actualité sera fait sur leur lutte. Cette soirée sera l’occasion de les soutenir en commandant les produits qu’ils fabriquent (voir les modalités pour la commande groupée de Grenoble https://www.grece-austerite.ovh/soutenons-les-viome-le-collectif-lance-la-commande-groupee/ )
En France un modèle qui se développe
Meryem Yilmaz de l’union régionale des Scop, Hervé Charmettant universitaire et Cyril Zorman de la société Probesys à Grenoble, exposeront les divers aspects de ce mode d’organisation. Ces interventions seront suivies d’un débat avec la salle.
Pour nous aider à diffuser cette annonce Soirée Scop_Viome_affiche_A4
Cette soirée est organisée dans le cadre du festival des solidarités qui se tiendra à Grenoble du 7 novembre au 2 décembre 2018 et le mois de l’Économie sociale et solidaire qui se tiendra du 1er au 30 novembre

Επιτροπή Αλληλεγγύης με τον Ελληνικό Λαό (CSPG της Λυών)

Chers Camarades , le Comité de Solidarité avec le Peuple Grec ( CSPG  de Lyon ) condamne fermement la menace de vente aux enchères de votre entreprise et vous assure de son soutien dans votre lutte pour le maintien et la poursuite de votre activité .
  Il est intolérable qu'une activité économique ayant prouvé son utilité sociale continue à être l'objet de si graves menaces . La production de VIOME doit se poursuivre car sa qualité,  son mode de gestion et d'organisation autogérée permettent à des familles de vivre dignement .
Non aux poursuites judiciaires ! Oui au maintien de VIOME géré par ses salariés ! 
Amicalement.
Les membres du CSPG  



Αγαπητοί σύντροφοι,
Η Επιτροπή Αλληλεγγύης με τον Ελληνικό Λαό (CSPG της Λυών) καταγγέλλει ρητά την απειλή πώλησης σε δημοπρασία της εταιρείας σας και σας διαβεβαιεί ότι σας υποστηρίζει στον αγώνα σας για τη διατήρηση και την εξακολούθηση της δραστηριότητάς σας.
Θεωρούμε απαράδεκτο να συνεχίζει να υφίσταται τόσο σοβαρές απειλές μια οικονομική δραστηριότητα η οποία έχει πλέον αποδείξει την κοινωνική της χρησιμότητα. Η παραγωγή της ΒΙΟΜΕ πρέπει να συνεχιστεί καθώς η ποιόητητά της, ο αυτοδιαχειριζόμενος τρόπος διαχείρισης και οργάνωσης επιτρέπουν σε οικογένειες να ζήσουν με αξιοπρέπεια.
Όχι στις δικαστικές διώξεις! Ναι στη διατήρηση της ΒΙΟΜΕ με διαχείριση από τους εργαζομένους της!
Φιλικά.
Τα μέλη του CSPG

Entretien avec Makis Anagnostou (Vio.Me)

« Lorsque nous avons décidé de remettre l’usine en marche à notre propre compte, une écrasante majorité des travailleurEs y a été favorable »


« Lorsque nous avons décidé de remettre l’usine en marche à notre propre compte, une écrasante majorité des travailleur-Es y a été favorable »
NPA 8 avril 2018
Entretien. Nous avons rencontré Makis Anagnostou (membre du collectif des travailleurs de Vio.Me) et Marco Gastine (producteur du film Prochain Arrêt : Utopia) pour discuter avec eux de l’expérience de Vio.Me, une usine qui était menacée de fermeture par la crise grecque et que les travailleurEs, regroupés en collectif, on reprise en main.
Pouvez-vous brièvement raconter l’histoire de votre entreprise (grève, occupation, réouverture d’usine, etc.) ?
Les problèmes de Vio.Me, la petite entreprise de fabrication de colle pour carrelages située à Thessalonique, dans laquelle nous travaillons, ont commencé avec le début de la crise grecque en 2009 et l’effondrement du secteur du bâtiment. La direction de l’entreprise, volant au secours de la maison-mère, la fabrique multinationale de carreaux de céramique Philkeram-Johnson, en difficulté, a alors transféré une grosse partie de son capital à celle-ci. Elle en a fait payer le contrecoup à nous, ses ouvrierEs : suppression des primes, mise en disponibilité, licenciements et retard dans le paiement des salaires… En même temps, le bruit courait que l’usine allait fermer et que la direction amassait autant d’argent qu’elle le pouvait dans cette perspective. Nous en avons eu la preuve : elle ne payait plus ses fournisseurs de services (électricité, gaz, eau).
Dans l’usine il y avait une organisation syndicale, le syndicat des ouvriers de Vio.Me, qui avait une philosophie différente de celle des syndicats traditionnels : faire participer à l’action et aux prises de décision, non seulement ses membres, mais aussi touTEs les travailleurEs de l’usine. Cette philosophie a été mise en pratique lorsque la direction de l’entreprise a proposé au syndicat de négocier. Les patrons ont alors fait diverses propositions à la délégation du syndicat. Mais, au lieu de répondre immédiatement au nom de leurs adhérentEs comme le font d’habitude les directions syndicales, la délégation est retournée devant les travailleurEs de l’usine et leur a demandé de cesser le travail pour débattre des propositions de la direction. Ainsi tous les travailleurEs ont assumé la décision qui a été prise d’occuper l’usine. Ce mode de fonctionnement a permis à tout le monde de partager la responsabilité des décisions et de s’impliquer dans l’action. Ainsi, lorsque nous avons décidé en 2013, après un an d’occupation, de remettre l’usine en marche à notre propre compte, une écrasante majorité des travailleurEs y a été favorable.
Comment s’est déroulée la remise en marche ?
Auparavant, au vu des énormes retards de paiement des salaires, nous avions fait usage du droit de rétention (suspension du travail, accompagnée d’une indemnité financée par les revenus de l’entreprise), octroyé par la législation grecque aux travailleurEs en cas de non-paiement prolongé des salaires. Ceci nous a permis d’avoir une petite rémunération, de rester dans l’usine et de contrôler les ventes afin que la direction ne puisse profiter de celles-ci à nos dépens. Puis, voyant que la prime de rétention touchait à sa fin et qu’en conséquence nous n’aurions plus aucune source de revenus, nous avons fait appel à la solidarité à Thessalonique et alentour, pour assurer notre subsistance. Cela nous a permis, non seulement de recueillir suffisamment de nourriture pour tenir un bon bout de temps, mais également de rencontrer beaucoup de monde sur lequel nous nous sommes par la suite appuyé pour continuer notre lutte. De concert avec nos nouveaux amis, de membres de collectifs locaux et de militantEs politiques et syndicaux, nous avons créé un large comité de soutien à la lutte Vio.Me. Nous avons par la suite étendu le réseau de solidarité à l’ensemble de la Grèce et aussi en Europe.
Ceci nous a donné le courage de passer à la remise en marche de l’usine. Peu après la remise en état de l’outil de production, nous avons compris que les colles pour carrelages que l’entreprise produisait auparavant ne pourraient plus s’écouler sur le marché, vu l’effondrement du secteur du bâtiment. Nous avons alors décidé, sur les conseils du comité de solidarité, de nous lancer dans la production de nouveaux produits, des savons liquides et autres produits d’entretien naturels, puis des savons de Marseille. Ceux-ci répondaient aux besoins d’une grande partie de la population qui, en raison de la crise, avait beaucoup de difficultés à se les procurer à un prix raisonnable dans les supermarchés.
La production a réellement commencé en février 2013. En 2016, nous nous sommes lancés dans la production d’une version écologique de ces produits, avec l’aide d’un ingénieur chimiste solidaire. C’est ainsi que nous avons réussi à maintenir l’usine en activité. La production nous permet aujourd’hui de toucher un salaire, égal pour tous. Son montant est encore très modeste, mais nous sommes persuadés qu’une fois l’entreprise pleinement légalisée, les entraves à la production seront levées. Nous pourrons alors toucher un salaire plus décent que celui auquel le capital européen et mondial nous condamne actuellement. Dans le même temps, nous essayons de créer (avec d’autres travailleurEs et des étudiantEs) les conditions d’une autre économie, d’une « économie des travailleurEs ». Nous venons par exemple d’ouvrir un « dispensaire ouvrier » autogéré s’adressant à toute la population alentour.
Existe-t-il d’autres exemples d’usines occupées et/ou autogérées en Grèce ?
D’autres usines ont été occupées et les ouvrierEs ont essayé d’entrer dans un processus similaire au nôtre, comme la SEKAP (Coopérative hellénique des tabacs) ou les ciments Halkis. Mais l’État et la bureaucratie syndicale qui contrôlent encore largement la classe ouvrière grecque ont réussi à mettre des embûches et à faire échouer de telles expériences. En revanche, il existe en Grèce de nombreuses expériences de collectifs ou de coopératives autogérées fonctionnant sur les mêmes principes que les nôtres : égalité totale, solidarité et démocratie directe.
Quels sont les exemples de solidarité en Grèce et dans le monde ?
Nous avons des contacts avec divers mouvements en Grèce et à l’étranger. Notre lutte est coordonnée avec celle des habitantEs de Chalcidique qui se sont insurgés contre l’exploitation minière aurifère dans leur région, avec celle de sections syndicales qui croient encore en la classe ouvrière et de militantEs dévoués à la défense d’une société durement touchée par la crise. Nous avons des contacts avec des militantEs en Allemagne, des usines en Italie, des mouvements sociaux en Espagne, et les travailleurEs des usines récupérées d’Argentine, du Chili et d’Uruguay.
Quelles ont été les réactions des partis politiques et du gouvernement en Grèce ?
Nous nous sommes d’abord adressés au Parti communiste grec (KKE) où nous nous sommes vu répondre que le parti était en complet désaccord avec la philosophie de notre lutte, mais qu’il lui apporterait tout de même son soutien en tant que conflit du travail. Mais ils n’ont eu de cesse depuis lors de nous combattre en pratique et en théorie. Syriza a formellement décidé de nous soutenir lors de son congrès, mais en pratique son gouvernement en a fait le moins possible et n’a jamais appliqué ses promesses électorales de légaliser notre entreprise. Nous sommes par contre soutenus par une grande partie de la gauche extraparlementaire et de la mouvance anarchiste. Nous avons discuté avec tous les gouvernements qui se sont succédé ces six dernières années, aucun ne s’est déclaré opposé à nous, mais aucun n’a fait quoi que ce soit pour nous.
Avec qui êtes-vous en contact en France et comment peut-on vous aider ?
Nous sommes en contact étroit, dans votre pays, avec l’usine Fralib, ainsi qu’avec le mouvement contre l’aéroport de Notre-dame-des-Landes. Nous pensons que, dans un premier temps, il faut exiger du gouvernement grec qu’il résolve le problème du terrain sur lequel est implanté l’usine Vio.Me et qui est menacé d’être vendu aux enchères à des investisseurs privés. On peut également faire voter des motions de soutien par les syndicats et, enfin, faire connaître la lutte de Vio.Me dans les diverses organisations de travailleurEs pour réaliser des commandes collectives de nos produits (savons de Marseille ou produits d’entretien écologiques) afin de nous soutenir financièrement. Nous pensons que si vous pouviez faire cela, vous aideriez grandement notre lutte, et que vous contribueriez ainsi à rapprocher toutes celles et tous ceux qui luttent pour leurs droits. Dans le but de construire une nouvelle société, une société dans laquelle les humains compteront plus que les profits.
Propos recueillis par Alain Krivine
Le film vient de sortir en salle en France et est disponible pour des réunions/ventes de solidarité : www.filmsdesdeuxrives.com/


 

COMMUNICATION DES TRAVAILLEURS DE VioMe

COMMUNICATION DES TRAVAILLEURS DE VioMe


Après quatre ans et demi de fonctionnement et six ans de notre – des travailleurs de VioMe – lutte, le pouvoir judiciaire n'a jamais cessé les attaques contre nous.
Et alors que le tribunal a adopté une proposition méprisable sur la faillite, et a rejeté les efforts des travailleurs pour poursuivre l'exploitation de l'usine, il vient maintenant à imposer une vente aux enchères partielle des moyens de production; de ces moyens qui ont nourri des dizaines de familles pendant 4 ans. Ceci est la responsabilité des juges « honnêtes », qui, en tout cas tout ce qu'ils ont à l'esprit est de détruire tout ce que nous, les travailleurs de VioMe, avons créé avec tant d'efforts.
Et ils le font, de sorte qu'aucun autre groupe de travailleurs ne pense même pas à procéder à l’autogestion des industries abandonnées.
Pour cette raison, nous condamnons les autorités ont essayé et syndic de faillite, qui, en tout cas empêche le fonctionnement de l'usine par nous, les travailleurs, directement et sans patrons.
Nous invitons vous, les syndicalistes, les travailleurs, les collectifs pour nous soutenir et montrer tous ensemble que
s’ ils ne peuvent pas, nous pouvons
Nous vous invitons à montrer votre soutien pratique afin que nous puissions garder l’usine en vie et nos familles loin de la peur et de la pauvreté. Nous vous invitons à signer des résolutions de solidarité afin que nous puissions prouver notre force: la force de la solidarité, qui est plus forte que toute forme de suppression par le capital, que toute forme d'effondrement économique de l'économie capitaliste.

En lutte et en solidarité,
Les travailleurs de VioMe

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