Grèce : l’expérience autogestionnaire des Viome menacée



Viome

Grèce : l’expérience autogestionnaire des Viome menacée


Les 19 septembre et 24 octobre, les travailleurs de Viome à Thessalonique tenteront une nouvelle fois d’empêcher la vente aux enchères de leur usine. Cet été, Makis et Vasilis, l’un ouvrier, l’autre membre du collectif de soutien d’Athènes à l’usine autogérée, ont répondu à nos questions.

Déclarée en faillite en 2011, l’usine Viome est d’abord occupée pendant un an par ses travailleurs qui réclament le paiement de leurs salaires. En 2012, les salariés redémarrent l’activité à leur compte et remplacent la production de colles pour carrelage par la fabrication de savons et lessives écologiques. Depuis plus de six ans, une vingtaine de travailleurs gèrent collectivement l’entreprise et se battent contre la vente aux enchères du site.

Pouvez-vous nous expliquer pourquoi votre usine est régulièrement mise aux enchères ?
Makis : Le terrain où se trouve l’usine appartenait à l’entreprise Filkeram & Johnson, la maison mère de Viome. Du fait de la faillite de l’entreprise, il sera vendu aux enchères afin de régler les dettes envers les fournisseurs. Mais nous ne toucherons rien alors que l’entreprise a aussi énormément de dettes envers nous. Nous occupons 1/5 du terrain correspondant à l’espace qu’occupait l’ancienne filiale. Nous produisons les produits que vous connaissez et résistons en même temps à la vente aux enchères de ce 1/5 de terrain où nous nous trouvons.
Vasilis : Les enchères consistent en une tentative de cession/vente des biens immobiliers de la société mère – Filkeram & Johnson – ainsi que de l’immobilier de la coopérative. Cela risque ainsi d’entraver le fonctionnement et l’expérimentation de l’autogestion à l’usine Viome. Il s’agit d’une procédure légale qui permet aux créanciers/débiteurs de l’entreprise en faillite de réclamer leurs prêts par la vente de biens mobiliers et immobiliers.

Comment êtes-vous parvenus à les empêcher jusqu’à présent ?
Makis : En assurant une forte présence dans les tribunaux afin d’empêcher la venue d’acheteurs potentiels. Parallèlement, nous avançons notre proposition auprès des ministères concernés : nous demandons la légalisation du fonctionnement de l’usine en nous rendant le terrain, qui est de toute façon retenu par l’État à cause des impayés de Filkeram & Johnson sur la TVA.
Vasilis : Ayant comme objectif stratégique de continuer la production de cette usine occupée, l’assemblée des travailleurs et le mouvement de solidarité qui la soutient sont constamment en alerte et en lutte. Nous avons réussi jusqu’à présent à rendre les enchères infructueuses. Nos principaux moyens pour empêcher la vente sont les appels à des résolutions solidaires de la part des syndicats et des collectifs, des campagnes d’information sur internet et dans des espaces sociaux très fréquentés, des piquets dans des ministères ou d’autres institutions concernées. À cela s’ajoute notre présence massive lors des ventes aux enchères aux tribunaux de Thessalonique et au ministère du Travail à Athènes.

Viome

Quand est-ce que sont les prochaines enchères, et quels en sont les enjeux ?
Makis : Prochainement, il y a deux séances de vente aux enchères en septembre et en octobre. Vu que le prix du terrain a beaucoup baissé, il y a un risque qu’un acheteur potentiel tente de nous expulser. Plus le prix de vente baisse plus les investisseurs capitalistes s’y intéressent.
Vasilis : La chute des prix de l’immobilier – 30 millions d’euros lors de la première vente aux enchères contre 10 millions aujourd’hui – finit par inciter de façon importante les acheteurs potentiels. Compte tenu du soutien de l’État et des gouvernements aux investisseurs privés, de leur hostilité à l’égard du caractère social et ouvrier de l’autogestion, mais aussi du message émancipateur de la reprise d’unités de production en faillite par les travailleurs, le danger est de plus en plus grand. Les 19 septembre et 24 octobre 2019 se dérouleront la suite des trois enchères stériles du 4e tour/cycle qui ont eu lieu les 13, 20 et 27 juin 2019.

Comment s’organise la solidarité ?
Vasilis : L’Assemblée des travailleurs de Viome participera avec les syndicats de classe (syndicats de base) à la grande manifestation au moment de la 84e Foire internationale de Thessalonique. Chaque année, le Premier ministre y annonce de nouvelles mesures, généralement anti-ouvrières et antisociales, en vue de la présentation du prochain budget. Viome y lancera un nouvel appel au soutien. Également, le deuxième festival Coopenair a lieu à l’usine Viome les 11, 12 et 13 octobre. Il est coorganisé par des coopératives de travail radicales venant des différentes régions de la Grèce. Discuter de la diffusion et de l’extension du travail en coopérative avec nos compagnons permettra de revoir notre stratégie et de décider de nos actions en cours pour que l’usine reste aux mains des employés.

L’activité a été relancée il y a six ans avec une nouvelle production sous le contrôle des ouvriers. Ne pouvez-vous pas reprendre la propriété de l’usine ?
Makis : Non. À la suite d’une décision de justice, le terrain est considéré comme une seule unité. Il est interdit d’en vendre une seule partie, donc le 1/5 où nous nous trouvons. Seul l’ensemble des 150 000 m2 peuvent être vendus, mais le prix reste trop élevé pour nous.

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Vasilis : Les travailleurs de la coopérative Viome restent au sein de l’usine avec une demande politique principale : « les usines et la gestion de la richesse aux mains de ceux qui produisent ». Nos positions sont connues et nous codécidons avec la société en lutte et le mouvement de solidarité qui nous entoure. Dans ce contexte, nous avons déposé une proposition visant à réclamer les parcelles appartenant à Viome et leur concession pour un loyer symbolique, en contrepartie des dettes contractées par la sécurité sociale et les impôts de la sécurité sociale. Sachant que le pouvoir et ses agents sont hostiles à l’expérience Viome et que tout est une question de rapport de force, nous ne réussirons que dans la mesure où le mouvement antagoniste large et la solidarité de classe se renforceront.

Est-ce que le retour de la droite au pouvoir change quelque chose pour Viome ?
Makis : Oui, le risque de répression est plus élevé à cause de la connivence qui existe entre le nouveau gouvernement et une partie de l’extrême droite.
Vasilis : Syriza en tant qu’opposition avait utilisé et manipulé les luttes des mouvements sociaux pour accéder au pouvoir et gouverner le pays pendant cinq ans. Viome incluse. Alexis Tsipras était venu à l’usine annoncer une solution pour les unités de production en faillite, abandonnées par les patrons pendant la crise. Son choix de gérer la crise systémique dans le cadre des politiques néolibérales a fait de lui, non seulement un gestionnaire de la situation antérieure, mais également un homme lâche qui n’a pas osé geler les parcelles de Viome contre ses anciens propriétaires qui doivent de l’argent à l’État. Ce choix a également eu pour effet d’éloigner les soutiens de Syriza de la réelle solidarité avec la lutte des travailleurs.

Viome

La politique du nouveau gouvernement, telle qu’elle est formulée dans son programme, sera un mélange de néolibéralisme extrême, de privatisations pour le grand capital et les élites, avec en parallèle des attaques contre les droits sociaux et les conquêtes restantes du mouvement ouvrier. En ce sens, la question de Viome rentre dans le cadre de ces choix. C’est pourquoi, comme nous l’avons toujours souligné, le problème de Viome est relatif à la question sociale dans son ensemble. Et sa solution contribue aux luttes sociales.

Comment est-il possible d’aider Viome en dehors de la Grèce ?
Makis : Une des possibilités serait de mettre la pression au gouvernement grec pour trouver une solution rapide aux problèmes de Viome. Par exemple, bombarder de courriers les ambassades grecques ou les ministères concernés, celui du Travail, de l’Économie et du Développement. Il est aussi aidant d’avoir l’appui de quelques parlementaires. Enfin en soutenant Viome par l’achat de ses produits dans votre ville.
Vasilis : Au-delà de la promotion de la solidarité politique et de la sensibilisation du public européen au sujet de Viome, notre réelle force réside dans nos propres produits. Il s’agit de nettoyants naturels et écologiques de haute qualité, distribués aujourd’hui dans plusieurs villes européennes par le biais de réseaux de solidarité et d’espaces de coopération. L’aide des médias alternatifs à cet égard est pour nous bienvenue et plus que jamais nécessaire.

Interview et traduction réalisées par Kostas, un militant libertaire grec vivant en France.

La production qui nous maintient en vie ne doit pas s’arrêter pour une seule minute !!!

Nous, les travailleurs de VIO.ME en lutte pour faire fonctionner à nouveau l'usine, avons entendu beaucoup de promesses,  beaucoup de bonnes paroles sur la pureté de notre lutte ainsi que de nombreuses dénonciations et menaces. De temps à autre, on a essayé de nous assimiler à un système qui n'a pas suffisamment de place pour nous, de nous mettre dans les rouages de la bureaucratie à laquelle nous nous opposons quand il s'agit de financements et de subventions. Puis, nous avons rencontré l'impuissance et le manque de volonté de faire ce qui était évident, c'est-à-dire de légaliser le fonctionnement de l'usine. On a également essayé de nous présenter comme coupables, car nous revendiquons notre droit au travail et à la vie (en assumant bien sûr tout le fardeau de la gestion de l'usine), par opposition aux entrepreneurs de bonne réputation qui saisissent les profits mais laissent les dettes aux travailleurs.
 
Bien sûr, le nouvel état de choses nuit à ceux qui perdent le pouvoir, mais il nous nuit encore plus qui sommes exposés, sans beaucoup d'armes, à un pouvoir agressif et résolu.
 
Nous savons tous parfaitement que le nouveau gouvernement n’est pas simplement défavorable à VIO.ME mais s'y oppose ferment, à nous comme à tous ceux qui peuvent défier le capital. Nous pensons que son premier angle d'attaque sera de nous couper l’électricité. C’est la raison pour laquelle nous demandons de l’aide aux mouvements de solidarité pour acquérir un groupe électrogène qui évitera les ruptures de production et nous aidera à devenir indépendants. La production qui nous maintient en vie ne doit pas s’arrêter pour une seule minute !!!
 
Nous appelons donc les syndicats, les collectifs, nos compagnons de lutte grecs, européenns et partout dans le monde à participer à l’acquisition d’un générateur de 200 KVA pouvant fonctionner au biodiesel.
 
Solidairement
Les travailleurs de VIO.ME en lutte

La produzione che ci tiene in vita non si ferma neanche un minuto!!!


Durante la lotta per rimettere in funzione la fabbrica, noi lavoratori di VIO.ME, abbiamo ascoltato molte promesse, molte buone parole sulla purezza della nostra lotta ma abbiamo anche ricevuto molte denunce e molte minacce. 

Più volte hanno cercato di assimilarci ad un sistema che non ci appartiene, più volte hanno cercato di integrarci a quell’ingranaggio burocratico dei finanziamenti e dei sussidi a cui siamo contrari. Non solo…ci siamo imbatttuti nell'incapacità e nella mancanza di volontà di realizzare l’unica cosa ovvia da fare rispetto alla nostra fabbrica: regolarizzare legalmente il suo funzionamento. 

Hanno anche cercato di colpevolizzarci perché reclamavamo il nostro diritto al lavoro e alla vita, avendo assunto l’onere, come operai, dell’intero funzionamento della fabbrica, contrariamente a quanto fanno gli uomini d'affari che moltiplicano i loro profitti a danno dei lavoratori. Ovviamente, il nuovo stato di cose li danneggerà, facendogli perdere potere, ma danneggerà soprattutto noi, lasciandoci esposti a fronteggiare con poche armi un potere sempre più aggressivo e tenace. Sappiamo tutti molto bene che il nuovo governo è contrario a VIO.ME, così come a chiunque possa mettere in dubbio il capitale. 

La prima mossa con la quale  proveranno a colpirci è il taglio dell’energia elettrica. Perciò chediamo l'aiuto di tutti i movimenti internazionali per l'acquisizione di un generatore che possa impedire che la produzione si fermi e che possa aiutarci per la nostra indipendenza.

La produzione che ci tiene in vita non si ferma neanche un minuto!!!
Invitiamo quindi tutte le associazioni, i colletivi, i gruppi di compagni di lotta greci, europei e mondiali ad aiutarci ad ottenere  un generatore a biodiesel da 200 KVA. 

P.S. La cosa migliore sarebbe trovare una fabbrica di generatori che possa fornircelo subito in segno di solidarietà! 

Die Produktion, die uns am Leben erhält, darf keine Minute unterbrochen werden!


Wir Arbeiter*innen von VIOME haben in unserem Kampf um die Reaktivierung der Fabrik viele Versprechungen, viele gute Worte über unseren gerechten Kampf, aber auch viele Beschuldigungen und viele Drohungen gehört.

Der Staatsapparat und seine Helfer haben zuweilen versucht, uns in ein System hineinzuzwängen, das nicht zu uns passt, um uns der Maschinerie einer Bürokratie unterzuordnen, die wir ablehnen, vor allem wenn von Finanzierungen und Subventionen geredet wird. Schließlich sind wir auf die Unfähigkeit und den Unwillen des Apparates gestoßen, das Selbstverständliche zu tun, nämlich den Betrieb der Fabrik zu legalisieren. 

Sie behaupten, dass wir die Übeltäter seien, weil wir unser Recht auf Arbeit und Leben einfordern, indem wir die volle Verantwortung für das Funktionieren der Fabrik tragen, im Gegensatz zu „seriösen“ Geschäftsleuten, die die Profite einstecken, aber den Arbeiter*innen die Verluste aufbürden. Zweifelsohne wird die neue Situation diejenigen ernsthaft benachteiligen, die die Macht verlieren, aber sie wird uns noch viel mehr schaden, weil wir spärlich gewappnet mit entschieden aggressiven Machtstrukturen konfrontiert sind. 

Wir alle wissen sehr gut, dass die neue Regierung nicht nur VIOME nicht freundlich gesinnt ist, sondern überhaupt jedem Vorhaben ablehnend gegenübersteht, das die Macht des Kapitals in Frage stellt. Wir glauben, dass ihr erster Angriffspunkt die Stromversorgung sein wird. Deshalb benötigen wir eine internationale Unterstützung bei der Anschaffung eines Stromgenerators, der die Unterbrechung des Produktionsprozesses verhindert und uns hilft, unabhängig zu werden. 

Die Produktion, die uns am Leben erhält, darf keine Minute unterbrochen werden!!! Aus diesem Grund rufen wir griechische, europäische und internationale Gewerkschaften, Kollektive, Solidaritätsgruppen auf, uns bei der Beschaffung eines Biodiesel 200-kVA-Generators behilflich zu sein.

PS: Eine bessere Option wäre, wenn mit Hilfe der Solidaritätsstrukturen die Verbindung zu einem Generatorwerk hergestellt und durch ihre Vermittlung der Erwerb des entsprechenden Generators abgewickelt werden könnte.

Mit kämpferischen und solidarischen Grüßen
Die Arbeiter*innen der VIOME


VIOME N’EST PAS A VENDRE


VIOME N’EST PAS A VENDRE

Le 13 juin 2019 les terrains appartenant à VIOME seront mis aux enchères. Un prix de départ très bas augmente le risque que l’usine soit tourné en un tas de ferraille.

Nous, les employés de la coopérative VIO.ME et les solidaires qui soutiennent cette lutte depuis huit ans, nous trouvons une fois de plus dans une situation difficile. Une série de mises aux enchères débute le 13 juin.

En luttant pour maintenir les emplois et faire vivre nos familles, nous avons réussi à faire fonctionner l’usine en autogestion, sous contrôle ouvrier de la  production, avec comme organe décisif l’assemblée. 

Nous avons réussi de gagner un salaire modeste et évité de quémander les miettes que le pouvoir offre en échange de la dignité et la parole.

Nous avons réussi de faire connaître l’usine en Europe et dans le monde: 55% de notre production est vendue à l’étranger.

Nous avons réussi de maintenir le fonctionnement de l’usine depuis plus de six ans et de ne pas la laisser tomber en ruine comme tant d’autres usines. Surtout, nous produisons des produits utiles pour la société et respectueux de l’environnement, de haute qualité et, en même temps, accessibles aux familles les plus modestes.

Nous avons réussi d'empêcher 15 fois la vente aux enchères (et notre expulsion) de l’usine, en interposant, nous et vous, nos corps pour montrer qu’il n’est pas question de mourir sans livrer bataille face à l'éventuelle liquidation.

Ce qu’on a réussi le mieux, c’est de nous trouver dans la rue aux côtés de ceux qui subissent des injustices. De montrer que certains ne baissent pas la tête et ne reculent pas devant un quelconque pouvoir.

Nous avons réussi d’unir corps et âmes, d'être des camarades dans nos luttes communes pour que nos besoins deviennent des droits.

Comme nous avons réussi à garder l’usine constamment  ouverte à la société en organisant des événements que beaucoup de gens ont soutenu avec enthousiasme.

Nous nous adressons à toi, collègue, camarade de lutte, à toi qui étais avec nous pendant les actions par lesquelles nous avons prouvé qu’on peut rendre possible l’impossible.

A toi, qui étais à nos côtés dans les tribunaux et as ressenti la tension quand le temps passait et personne ne se manifestait en tant qu’acheteur, avant que nous quittions les lieux, à la fin de la procédure, criant haut et fort « Flics et juges entendez-le bien, Viome restera aux mains des ouvriers! »

Nous sollicitons ton soutien une fois de plus afin de mettre en échec la nouvelle mise aux enchères, les 13, 20, 27 juin, le 19 septembre et le 24 octobre 2019.

Nous t’appelons à nos côtés pour garder vivant le seul exemple qui nous donne le droit de dire « s’ils ne peuvent pas, nous pouvons », et pour que d’autres usines puissent suivre notre exemple.

Car nous n’avons pas besoin d’eux pour être sauvés, ils n’ont pas besoin de nous pour se détruire.


Les Travailleurs en lutte et
les solidaires de la Coopérative des Travailleurs de VIO.ME.


VIOME STEHT NICHT ZUM VERKAUF


VIOME STEHT NICHT ZUM VERKAUF

Am 13. Juni 2019 geht die Zwangsversteigerung des Firmengeländes, auf dem sich auch die Fabrik der Viome befindet, in die nächste Runde. Der reduzierte Startpreis erhöht das Risiko, dass die Fabrik als Schrotthaufen zurückbleibt.

Die Basisgewerkschaft der VIOME-Belegschaft und die Solidaritätsnetzwerke, die seit acht Jahren diesen Kampf unterstützen, stehen wieder einmal vor einer Krisensituation. Am 13. Juni starten die nächsten Zwangsversteigerungstermine.

Im Kampf um den Erhalt unserer Arbeitsplätze und das Überleben unserer Familien, ist es uns gelungen, die Fabrik unter Arbeiterkontrolle und Selbstverwaltung über unsere Vollversammlung zu betreiben.

Wir haben es geschafft, allen ein kleines Einkommen zu sichern, und sind nicht an dem Punkt angelangt, an dem wir um die Krümel bitten und betteln, womit uns die Herrschenden im Austausch gegen unsere Menschenwürde abspeisen.

Wir haben es geschaft, die Fabrik europaweit und international bekannt zu machen; das Resultat: 55% der Produktion werden exportiert.

Wir haben es geschafft, die Fabrik seit mehr als sechs Jahren in Betrieb zu halten – sie ist kein totes Pferd wie inzwischen so viele Fabriken in diesem Land. Insbesondere werden Produkte hergestellt, die der Gesellschaft zugute kommen, umweltfreundliche und hochwertige Produkte, die gleichzeitig erschwinglich für Arbeiterfamilien und arme Volksschichten sind.

Wir haben es geschafft, die Veräußerung der Fabrik (und die Zwangsräumung) in den 15 vorherigen Versteigerungsterminen zu verhindern, haben gemeinsam mit unseren Unterstützer*innen Widerstand geleistet, und haben demonstriert, dass wir nicht vorhaben, einen Verkauf kampflos hinzunehmen.

Doch was wir besonders geschafft haben, ist die Tatsache, dass wir uns gemeinsam mit vielen anderen auf den Weg gemacht haben, um die Ungerechtigkeit zu bekämpfen, die gegen die Schwachen begangen wird.

Wir haben uns gemeinsam auf den Weg gemacht, um zu zeigen, dass es noch Menschen gibt, die keinen Schritt vor der Herrschafts- und Machtausübung jeder Art zurückweichen.
Wir haben es geschafft, uns zusammenzutun, uns als Genoss*innen zu fühlen und zu erkennen, dass wir gemeinsam kämpfen müssen, damit unsere Bedürfnisse und Forderungen als Grundrechte anerkannt werden.

Wir haben es auch geschafft, die Fabrik für die Gesellschaft offen zu halten, indem wir hunderte von Veranstaltungen organisiert haben, die von vielen Menschen mit Begeisterung unterstützt wurden.

Wir wenden uns an Dich, Kollegin und Kollege, an Dich, Mitstreiterin und Mitstreiter, an Euch, die mit uns gemeinsam an Aktionen teilgenommen haben, um zu zeigen, dass wir in der Lage sind, das Unmögliche möglich zu machen.

An Euch, die mit uns Seite an Seite in und vor dem Gerichtsgebäude gestanden und die Spannung gespürt haben, während die Uhr ablief und kein Anbieter die Frechheit hatte, im Gericht zu erscheinen. Nach jedem Termin haben wir gemeinsam laut die Parole gerufen: „Bullen und Richter, hört genau hin, VIOME wird in den Händen der Arbeiter bleiben.

Wir rufen erneut auf, komm mit uns mit, um die Zwangsversteigerung zu verhindern, die am 13., 20. und 27. Juni, am 19. September und am 24. Oktober 2019 stattfinden soll.

Steht an unserer Seite, damit wir das einzige Projekt am Leben erhalten, das uns das Recht gibt, immer noch zu sagen: „Ihr könnt nicht? Wir können!“ Damit das Experiment auch von anderen Fabriken in die Tat umgesetzt werden kann.

Denn wir brauchen sie nicht, damit wir gerettet werden, und sie brauchen uns nicht, damit sie kaputt gehen.

Gewerkschaft der VIOME-Belegschaft
Solidaritätsinitiative Thessaloniki


Mondeggi al fianco dei lavoratori della Vio.Me

Mondeggi al fianco dei lavoratori della Vio.Me

Perché non abbiamo bisogno di loro per essere salvati,
né loro di noi per essere distrutti.

Così termina il comunicato della Vio.Me. sulla serie di aste che a partire da giugno rimetterà in vendita i terreni sui quali sorge la fabbrica. I lavoratori hanno già resistito 15 volte alla vendita e allo sfratto e siamo accanto a loro in questo ennesimo atto di resistenza. Le nostre lotte seppur geograficamente lontane si intrecciano ogni giorno nel tentativo di coltivare l'autogestione e la solidarietà è l'arma più forte che abbiamo a disposizione.

A Salonicco c'era il più grande polo industriale della Grecia. La crisi del 2009 ha lasciato senza lavoro migliaia di operai e operaie delle fabbriche della città, che ora sono tristi distese di capannoni abbandonati.

Anche la Vio.Me avrebbe dovuto chiudere e i suoi operai rimanere senza lavoro.

Ma i lavoratori sono riusciti ad opporsi a tutto questo: hanno occupato la loro fabbrica resistendo agli speculatori e hanno ricominciato a produrre. Da sei anni la Vio.Me è autogestita dai lavoratori che controllano direttamente e democraticamente ogni aspetto del loro lavoro. Dai turni di lavoro alla pianificazione economica, dalla salute sul luogo di lavoro alla ricerca e sviluppo, tutto è deciso collettivamente e senza gerarchie, secondo principi di autogestione e uguaglianza. La produzione è stata via via convertita, la vecchia fabbrica di colla ora produce saponi e detersivi naturali. Entrando si avverte il fremere dell'attività laboriosa e della soddisfazione che ti dà il lavoro che hai scelto di fare, semplicemente e con dignità.

Molte volte in questi anni giudici e speculatori hanno provato a porre fine a questa esperienza: coloro che da ogni cosa vogliono trarre profitto ed ogni cosa mettere a profitto vorrebbero vendere macchinari e capannonni, e proprio in questi giorni i terreni su cui sorge la Vio.Me sono stati messi nuovamente all'asta. In questi anni i lavoratori si sono sempre opposti con successo ai tentativi di vendita e le loro vittorie sono state possibili grazie anche alla grande solidarietà di persone e movimenti da tutto il mondo. Che i padroni lo sappiano: i lavoratori della Vio.Me non sono soli.

Una barricata eretta dagli occupanti segna il confine tra la fabbrica e il mondo esterno, il confine tra il vecchio mondo e un nuovo mondo possibile, trasformando la rassegnazione in resistenza, la solitudine in comunità, l'umiliazione in dignità, lo sfruttamento in uguaglianza, la repressione in solidarietà.

Mondeggi è con la Viome, e dietro a quella barricata, assieme ai lavoratori e alle lavoratrici, troverete anche noi, per un mondo senza padroni perchè come Mondeggi anche la Viome non ha certo bisogno di loro per essere salvata: siamo benissimo in grado di prendercene cura noi.

Mondeggi Bene Comune - Fattoria Senza Padroni 

LA VIO.ME NON SI VENDE




Il 13 giugno del 2019, la vendita all'asta dei terreni sui quali si trova la fabbrica recuperata di VIO.ME riparte da una base d’asta ancora più bassa, che aumenta il pericolo che la fabbrica venga condannata a diventare un ammasso di macerie.

Il comitato di base dei lavoratori di VIO.ME insieme con i solidari e le solidarie, che sosteniamo questa lotta da otto anni, ci troviamo di nuovo in una posizione difficile e davanti ad una serie di aste a partire dal 13 giugno.
Durante la lotta per mantenere i nostri posti di lavoro e dunque permettere alle nostre famiglie di vivere, siamo riusciti a far funzionare la fabbrica con autogestione e sotto controllo operaio sulla produzione attraverso la nostra aseemblea.
Siamo riusciti ad avere un piccolo reddito che ci ha permesso di rifiutare le briciole offerte dal potere e concedere le nostra dignità e parola.
Siamo riusciti a far conoscere la fabbrica a livello europeo ed internazionale aumentando l’esportazione del 55% della produzione.
Siamo riusciti a mantenere la fabbrica viva per più di sei anni e a non lasciarla diventare un ennesimo cadavere senza vita come tante altre fabbriche.
Siamo riusciti persino a produrre prodotti benefici per la società e rispettosi dell'ambiente, di alta qualità e allo stesso tempo accessibili per le famiglie popolari.
Siamo riusciti ad impedire la vendita all'asta della fabbrica (e il nostro sfratto) già per 15 volte, mettendo davanti i nostri corpi e i vostri, dimostrando che non abbiamo nessuna intenzione di cedere senza lottare di fronte ad una probabile vendita.
Ma più di tutto, siamo riusciti a trovarci insieme sulla strada contro qualsiasi ingiustizia fatta contro i deboli; di trovarci insieme sulla strada per dimostrare che ci sono alcuni che non piegano la testa, che non cedono di fronte ad alcun tipo di potere.
Siamo riusciti ad unire le nostre anime e corpi, a sentirci compagni; a sentire che i nostri bisogni e le nostre lotte nel renderli un diritto sono comuni.
Siamo anche riusciti a mantenere costantemente la fabbrica aperta alla società organizzando centinaia di eventi che sono stati sostenuti con entusiasmo da molte persone.
Ci rivolgiamo a te, collega, a te, compagna/ο di lotta, a te che hai partecipato insieme a noi ad azioni in cui abbiamo dimostrato che possiamo rendere possibile l’impossibile.
A te, che ti sei trovato accanto a noi nei tribunali e hai sentito la tensione quando il tempo passava senza che osasse apparire un acquirente e quando, alla fine del processo, abbiamo protestato ad alta voce scuotendo il palazzo di giustizia : “Sbirri, giudici, ascoltate bene : la VIO.ME rimarrà nelle mani operaie".
Ti invitiamo ad essere di nuovo al nostro fianco per impedire le aste che si terranno il 13, 20, 27 giugno, il 19 settembre ed il 24 ottobre 2019; per mantenere vivo l'unico esempio che ci dà il diritto di dire : "Se loro non possono, noi possiamo !", perché delle altre fabbriche possano seguire il nostro esempio.

Perché non abbiamo bisogno di loro per essere salvati,
né loro di noi per essere distrutti.

Comitato di Base dei lavoratori di VIO.ME
Iniziativa di Solidarietà di Salonicco

VIOME n’est pas à vendre !

VIOME n’est pas à vendre !
Le 13 juin 2019, les enchères des terrains appartenant à BIOME sont relancées. Un prix de départ réduit augmente le risque que l’usine devienne des débris et de la ferraille. Nous, les employés de la coopérative BIO.ME, cela fait maintenant 8 ans que nous luttons pour maintenir les emplois dans l’usine que le propriétaire a laissé à son propre destin.
La famille Philippo et les actionnaires du groupe ont abandonné leurs installations de production et leurs employés non rémunérés, ne manifestant aucun intérêt pour ces activités.
Nous avons présenté une proposition détaillée en collaboration avec des avocats et des professeurs de droit qui soutiennent notre lutte pour faire fonctionner l’usine de manière légale et efficace, à la fois économiquement et de manière productive, et pour le transport des produits.
Nous avons besoin de :
Contrer la dispersion des deniers publics (impôts et cotisations de sécurité sociale) et pour protéger l’intérêt public contre les sommes énormes dues par Filercaram SA et VIOME SA, les immeubles et les biens des propriétaires sont confisqués. Il y a des condamnations irrévocables contre les employeurs. Les agences gouvernementales et les organismes publics devraient déjà être intervenus.
Ensuite, que soient accordés ou loués les propriétés à la Coopérative des Travailleurs de BIO.ME afin de garantir les emplois (la coopérative montre en outre une tendance à la hausse de l’emploi).
De plus, que la propriété qui a déjà été engagée (et exclue de la vente aux enchères) par un gouvernement précédent en 2012, soit confisquée et donnée à la coopérative de travail pour qu’elle passe directement au fonctionnement normal avec les conditions requises pour une légalisation complète.
Et bien sûr, dans un environnement de travail très différent de celui de ces dernières années dans notre pays:
– En impliquant à la fois les travailleurs et la société dans le contrôle de la production et de la distribution.
– En contrôlant via les assemblées toutes les fonctions économiques.
– Avec une égalité absolue dans les décisions après que nous ayons tous une voix.
– Avec un salaire égal pour un temps de travail égal.
– Une orientation de la production vers les besoins sociaux et environnementaux plutôt que vers l’accumulation de profits.
Nous nous battons depuis tant d’années maintenant. Les gouvernements qui ont passé tout ce temps n’ont pas fait ce qu’ils avaient promis. Ils n’ont soumis aucune proposition légalement constituée, quelles que soient les allégations des membres des factions politiques qui les soutiennent. Ce qu’ils prétendent, c’est simplement une désorientation et un chaos politique qui ne s’appliquent tout simplement pas.
D’autre part, le risque de vendre l’usine en tant que parcelle « pour un morceau de pain » devient plus probable, car une nouvelle enchère avec un prix initial réduit (1/3 du prix initial) va bientôt commencer.
Nous appelons à des manifestations de masse devant les tribunaux de Thessalonique les 13, 20 et 27 juin et immédiatement après l’été pour :
BLOQUER LES ENCHÈRES, LES PLANS DE L’ÉTAT ET DU PATRONAT POUR LA DISSOLUTION DE L’USINE
Nous appelons l’appui de la société à notre lutte, car elle concerne la capacité de tous les travailleurs à prendre en main l’économie et toute leur vie. Nous répondons: « Puisque vous, vous ne pouvez pas, nous, nous pouvons ». Avec la solidarité de toute la classe ouvrière et de la société, nous imposerons notre droit même avec leur propre droit civil!
Les Travailleurs en lutte et solidaires de la Coopérative des Travailleurs de VIO.ME.

Η ΒΙΟΜΕ ΔΕΝ ΠΩΛΕΙΤΑΙ

Η ΒΙΟΜΕ ΔΕΝ ΠΩΛΕΙΤΑΙ 


Στις 13 Ιούνη του 2019 ξεκινάνε ξανά οι πλειστηριασμοί των οικοπέδων που στεγάζεται η ΒΙΟΜΕ. Με μειωμένη τιμή εκκίνησης αυξάνεται ο κίνδυνος να καταδικαστεί το εργοστάσιο να γίνει μπάζα και παλιοσίδερα.

Το σωματείο των εργαζομένων στην ΒΙΟΜΕ και οι αλληλέγγυοι και αλληλέγγυες που στηρίζουν τον αγώνα αυτόν επί οχτώ χρόνια τώρα βρισκόμαστε για ακόμη μια φορά σε δύσκολη θέση. Με μια σειρά πλειστηριασμών που αρχίζουν στις 13 του Ιούνη.
Παλεύοντας να κρατήσουμε τις θέσεις εργασίας και τις οικογένειες μας ζωντανές, καταφέραμε να λειτουργούμε το εργοστάσιο κάτω από εργατικό έλεγχο της παραγωγής και αυτοδιεύθυνση μέσα από την συνέλευση μας .
Καταφέραμε να βγάζουμε ένα μικρο εισόδημα και να μην φτάνουμε στο σημείο να ζητάμε τα ψίχουλα που προσφέρει η εξουσία για να παραδόσεις αξιοπρέπεια και λόγο.
Καταφέραμε να κάνουμε γνωστό το εργοστάσιο σε πανευρωπαϊκό και διεθνές επίπεδο με αποτέλεσμα το 55% της παραγωγής να εξάγεται.
Καταφέραμε να κρατήσουμε επί έξι και πλέον χρόνια το εργοστάσιο ζωντανό και όχι άλλο ένα κουφάρι άψυχο όπως τόσα και τόσα εργοστάσια. Και μάλιστα παράγοντας προϊόντα ωφέλιμα για την κοινωνία και ακίνδυνα για το περιβάλλον, προϊόντα υψηλής ποιότητας και ταυτόχρονα προσιτά για τις λαϊκές οικογένειες.
Καταφέραμε να αποτρέψουμε την πώληση (και την έξωση μας από το εργοστάσιο) σε 15 προηγούμενους πλειστηριασμούς που βρεθήκαμε και βάλαμε (εμείς και εσείς ) τα κορμιά μας για να δείξουμε ότι δεν έχουμε σκοπό να πέσουμε αμαχητί σε ενεχόμενη πώληση.
Μα αυτό που καταφέραμε ποιο πολύ απ’ όλα τα άλλα είναι να βρεθούμε μαζί στο δρόμο για οποιαδήποτε αδικία που γινόταν σε βάρος των αδυνάτων. Να βρισκόμαστε μαζί στον δρόμο για να δείξουμε ότι υπάρχουν και κάποιοι που δεν σκύβουν το κεφάλι δεν υποχωρούν απέναντι σε κάθε είδους εξουσίας.
Καταφέραμε να ενώσουμε ψυχές και σώματα να νιώσουμε σύντροφοι και ότι οι ανάγκες μας και οι αγώνες για να τις κάνουμε δικαίωμα είναι κοινοί.
Όπως καταφέραμε να έχουμε το εργοστάσιο συνεχώς ανοιχτό στην κοινωνία διοργανώνοντας εκατοντάδες εκδηλώσεις που στηρίχτηκαν με ιδιαίτερο ενθουσιασμό από πολύ κόσμο.
Απευθυνόμαστε σε σένα συνάδελφε και συναδέλφισσα , σε σένα συναγωνίστρια /στη, σε σένα που βρέθηκες μαζί μας σε δράσεις που αποδείξαμε ότι μπορούμε να κάνουμε το ανέφικτο εφικτό.
Σε σένα που βρέθηκες δίπλα μας στα δικαστήρια και ένιωσες την ένταση όταν περνούσε η ώρα χωρίς να έχει το θράσος να εμφανιστεί κανείς αγοραστής και στο τέλος της διαδικασίας να φωνάζουμε δυνατά σείοντας το μέγαρο “μπάτσοι δικαστές ακούστε το καλά, Η ΒΙΟΜΕ θα μείνει σε χέρια εργατικά”.
Σε καλούμε να βρεθείς και πάλι μαζί μας στην αποτροπή των πλειστηριασμών που θα γίνουν στης 13, 20, 27του Ιούνη , στης 19 του Σεπτέμβρη και στης 24 του Οκτώβρη του 2019.
Να βρεθείς δίπλα μας για να κρατήσουμε ζωντανό το μοναδικό παράδειγμα που μας δίνει το δικαίωμα να λέμε “αν δεν μπορούν αυτοί μπορούμε εμείς “ και να ακολουθήσουν και άλλα εργοστάσιά .
Γιατί δεν τους έχουμε ανάγκη να σωθούμε δεν μας έχουν ανάγκη να καταστραφούν.

Σωματείο εργαζομένων ΒΙΟΜΕ
Πρωτοβουλία αλληλεγγύης Θεσσαλονίκης

Radical Approach to Health at the Workers Healthcare Center of Vio.Me.



Workers Healthcare Center of Vio.Me., Created by the Workers for the Community

Thessaloniki, Greece – A radical new approach to healthcare is reclaiming equal relations between specialists and patients while building a community of health from inside an occupied factory in an industrial Greek metro. The Workers’ Healthcare Center of the self-managed occupied factory Vio.Me.has provided free holistic healthcare services to the broader community for the last three years in Greece’s second largest city, Thessaloniki.
Unicorn Riot visited the healthcare center in late 2018 and spoke with Dimitra Pouliopoulou, a psychologist who volunteers at the center, to learn more.

April 16, 2019

Seizing the Means of Production: A Spotlight on Vio.Me.